Au Couvent Anglais vit une Communauté de soeurs chanoinesses qui suivent la Règle de saint Augustin. Leur vie s’organise autour de 4 pôles : la célébration chorale de la liturgie nourrie de la prière personnelle, la vie fraternelle, et une forme d’apostolat visant à partager ce qui fut l’inspiration première au XIVe s. : se nourrir de la Parole de Dieu et des sacrements de l’Église; garder au coeur l’idéal des premières communautés chrétiennes telles que les Actes des Apôtres les présentent : « les frères avaient un coeur et une âme tournés vers Dieu, se montraient assidus à l’enseignement des apôtres, fidèles à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières » (Actes des Apôtres, 2,42).
La Communauté fait partie de la « Congrégation de Windesheim » qui doit son nom au premier monastère fondé en Hollande en 1387. Actuellement, Windesheim est une commune de la ville de Zwolle. D’où vient ce monastère ?
Le renouveau spirituel initié par Gérard Grote, un converti de Deventer, provoqua la fondation de communautés laïques de Frères et de Soeurs de la Vie Commune. Les premiers gagnaient leur vie – ils vivent au XIVe s. ! - par la copie de « bons livres »: missel, évangile, calendrier liturgique, traités de vie spirituelle, etc. et enseignaient la calligraphie aux jeunes étudiants qu’ils accueillaient dans leurs pédagogies.
Les Soeurs s’occupaient des pauvres et des malades. Le tissage les aidait à vivre.
Après quelques années, six frères se détachèrent de leur communauté pour fonder un « monastère » aspirant à se consacrer davantage à la prière; ils adoptent la forme de vie canoniale et exercent l’apostolat de l’Accueil.
Par une coïncidence historique dont la Providence a le secret, un renouveau semblable avait commencé un peu plus tôt dans les Pays-Bas du Sud. Vers 1350, Jean Ruusbroec, un « petit chanoine » de Ste Gudule se retire avec quelques amis prêtres dans un pavillon de chasse situé dans la forêt de Soignes (sud de Bruxelles) pour pouvoir mener leur vie sacerdotale plus sérieusement. Leur forme de vie fervente suscita rapidement l’arrivée de nouveaux candidats : ainsi se fondèrent plusieurs monastères autour de Groenendael dans la forêt de Soignes.
En 1412, le mouvement de renouveau du Nord et du Sud s’unit en une seule famille religieuse : la Congrégation de Windesheim.
Au temps des persécutions en Angleterre (XVIe s.), le monastère de chanoinesses Sainte Ursule à Louvain (Leuven) reçut tant de vocations anglaises qu’il fallut fonder en 1609, dans cette ville, le monastère anglais de Sainte Monique, le premier « Couvent Anglais ».
En 1629, cinq soeurs se détachèrent de Louvain pour fonder à Bruges le Monastère de Nazareth, dit « Couvent Anglais », dédié à la Vierge Marie.
Jusqu’en 1973, l’éducation fut l’activité principale des communautés de la Congrégation, tant en Angleterre qu’en Belgique et en Suisse.
Aujourd'hui, des journées de ressourcement spirituel s’organisent en vue de faire partager l’Eucharistie, la prière publique de l’Église, la lecture de la Parole de Dieu. Cette recherche de la suite du Christ « en notre temps et pour notre temps » a été conçue par Gérard GROTE au XIVe s.; elle n’a rien perdu de son actualité.